J'aime beaucoup cette vieille histoire tibétaine intitulée Le père d'"Aussi Connu que la Lune". Un homme très pauvre, ayant durement travaillé, avait réussi à amasser tout un sac de grain. Il en était très fier et, quand il rentra chez lui, il accrocha le sac à une poutre de sa maison au moyen d'une corde, pour le mettre à l'abri des rats et des voleurs. Quand le sac fut suspendu, pour plus de sûreté, il s'installa dessous afin d'y passer la nuit. Allongé là, son esprit se mit à vagabonder: "Si je peux vendre ce grain par petites quantitées, j'en tirerais un plus grand profit... Je pourrai alors en acheter d'autre et recommencer la même opération; d'ici peu, je serai riche et je deviendrais quelqu'un dans la communauté. Toutes les filles s'intéresseront à moi. J'épouserai une belle femme, et, bientôt, nous aurons un enfant... Ce sera un fils, évidemment... Comment pourrions-nous bien l'appeler ?" Laissant son regard errer dans la pièce, il aperçut, par la petite fenêtre, la lune qui se levait.
"Quel signe !" pensa-t-il. "Voilà qui est de bon augure ! C'est un nom parfait, vraiment: je l'appellerai "Aussi Connu que la Lune"..." Mais, tandis qu'il spéculait de la sorte, un rat s'était frayé un chemin jusqu'au sac et en avait rongé la corde. A l'instant même où les mots "Aussi Connu que la Lune" sortirent de ses lèvres, le sac de grain tombé du plafond, le tuant sur le coup.
Il n'est aucun empire humain, Au dessus de moi je ne vois que des oiseaux de mer.
17 septembre 2005
à
18:23
La parole mélancolique
http://www.unibuc.ro/eBooks/filologie/melancolie/
Au travers de Cioran, Constantin Zaharia découd les ficelles du discours fragmentaire.
Table des matières:
1. A la recherche de l'identité fragmentaire
4. Y a-t-il un genre fragmentaire ?
LA MÉLANCOLIE À LA LETTRE ET DANS TOUS LES SENS
4. Au-delà des péripatéticiens
5. Dürer et le nouveau symbolisme de la mélancolie
7. La mélancolie dans le discours médical des XIXe - XXe siècles. Quelques remarques
3. La mélancolie, la tristesse, la folie
à
17:52
Sans doute la raison la plus profonde de notre peur de la mort est-elle que nous ne savons pas qui nous sommes. Nous croyons en une entitée personnelle, unique et distincte; pourtant, si nous avons le courage de l'examiner de près, nous nous aperçevons que cette identité est entierement dépendante d'une liste interminable de données, telles que notre nom, l'histoire de notre vie, nos compagnons, notre famille, notre foyer, notre travail, nos amis, nos cartes de crédit,...
Mais lorsque tout ceci nous sera enlevé, aurons-nous alors la moindre idée de ce que nous sommes vraiment ?
Le livre tibétain de la vie et de la mort, Sogyal Rinpoché, Editions de la table ronde
à
17:30
15 septembre 2005
Archives carnets
Adspicies oculos tremulo fulgore micantes ut sol a liquida seape refulget aqua. (Ovide)
in Quignard, p.20
Dans la volupté se perd le désir d'être heureux. plus on s'abandonne tout entier au désir, plus le bonhuer est presque là. On le guette et toute l'erreur consiste en ce point. On s'attend à sa rencontre. On le pressent. On le voit soudain; on l'attend encore plus; il s'approche; il arrive. En arrivant il se détruit. Cet argument permet de comprendre les décisions de la chasteté. Ce désir est lié au perdu sans limites.
(57)
C'est agréable d'abandonner
Abandonner c'est partir
Il faut toujours partir
Le plaisir c'est: je pars.
(59)
On appelle temps réfractaire la période durant laquelle les animaux sexués et mâles après avoir émis leur semence, cessent d'être sexuellement réactifs à toute approche et à toute excitation. le temps réfractaire sexuel fonde le temps mort social.
(64)
Je me dirige vers les eaux où ma barque à déjà naufragé. (Ovide)
Dans ma vie lles coups de foudre d'antipathie arrivaient à une vitesse interstellaire. J'étais à chaque fois médusé de haïr à ce point des êtres que je découvrais.
(94)
Les parents cessent d'être dévorés sous les yeux des enfants.
Les enfants les cachent.
(112)
Nos valeurs font nos humeurs.
"Ne prête pas attention à moi car je ne souffre pas du même problème que moi. " (relevé sur un forum)
My love isn't a kind of pressure detector.
C'est un peu la même chose, je crois que je suis un papillon de nuit qui tourne autour de la progressive, jusqu'à s'y satelliser, etc
Au bon sens s'ajoute le sens de la vie biologique, ou évolution, qui n'embrasse qu'un concept creux: l'utilité. Il n'y a d'utilité qui soit réelle, ce qui vit est faux, ce qui vit est continuité, ce qui vit est inutile.
A partir de ce moment crucial, symbolisé par l'épisode de la Tour de Babel, l'humain n'a plus accès à la totalité du message primitif. Elle n'en a plus que des fragments éclairés, mais chacun des participants de cette humanité prétend en détenir la totalité, ce qui explique assez bien les discussions et les guerres idéologiques ou sanglantes (...)
Druides et chamans, J. Markale, p.12
Nous sommes des paquets d'existants jetés sur terre sans savoir comment ni pourquoi.
Héraclite inventeur de la dialectique à trois termes: thèse, antithèse, synthèse.
Quand Shakespeare fait dire à Hamlet: "To be or not to be", il savait parfaitement ce que cela signifiait. Mais la traduction française "être ou ne pas être" est un non-sens. Le verbe anglais to be, apparenté au gallois bydd, et au breton bed, termes qui désignent le "monde", un "monde organisé, visible, relatif", est l'équivalent du français"exister". Il n'a jamais eu le sens d'être.Quand Hamlet pose cette célèbre question, il ne fait allusion qu'à la présence humaine dans le monde des relativités.
La Bible hébraïque, rédigée peu avant l'ère chrétienne, n'est qu'une réécriture de données traditionnelles plus anciennes remises au goüt du jour. Les Evangiles, canoniques ou non, ont été rédigés (en langue grecque) une centaine d'années après la mort du Christ d'après diverses sources. En latin, cela se dit secundum , "selon"...)
Et quand on sait que ces récits évangéliques ont été écrits pour servir d'illustrations aux Epîtres de saint Paul (l'authentique fondateur du christianisme), on peut se poser d'innomnbrables questions qui ont toutes les chances de demeurer sans réponses. Ce flou artistique (...)
"Je décris, je définis, et je désire ces fleuves, elle les nage."
Julio Cortazan, Marelle
Dès l'époque grecque est établi un lien entre génie et folie, réactivé non seulemen à la Renaissance, puis à l'époque romantique, mais encore dans toute la odernité, qui voit dans la traversée subjective d'une expérience de ruine de soi et du monde la condition de l'activité créatrice.
La mélancolie et des destins, Anne Juranville, p.9 ( lire absolument !)
En effet, avant de désigner un état pathologque, la mélancolue est une disposition psychique caractérisée par une aspiration à "l'absolu". Un tel absolu se dit en termes de qupetes d'unité ("aspiration à une unité qui soit réalité" (...)
P.16
Chez celui qui à un tempérament mélancolique, "l'insatisfaction causée par le fini est spécialement vive."
P.17
"Le point capital: la limite, l'élément proprement humain".
bile noire= melaina chole
Empruntant à Platon la notion de folie divine, Aristote, dans Problemata XXX, estimait qu'il accompagnait les vocations héroïques, le génie poétique ou philosophique; comme chez les personnages mythologiques d'Héraclès, de Bellerophon ou d'Ajax, le tempérament atrabilaire prononcé caractérise les hommes hors du commun.
P.24
La grande intelligence englobe
La petite intelligence discrimine
(Tchouang-tseu)
De petites appréhensions engendrent l'agitation et l'inquiétude, de grandes appréhensions engendrent l'inertie et la paresse. (Tchouang-tseu semble m'avoir connu ?)
En prenant ses préjugés pour maîtres, qui de vous n'a pas de maîtres ?
Dans ces conditons, est-il besoin de reconnaître un autre comme son maître ?
idem
à
20:47
6 septembre 2005
Carnet de Toscane
Clartés de la rue au travers d'un voilage passé.
***
Matin. Des rêves oubliés ont lavé mon cerveau, ce débile. De grands murs. Ciel blanc derrière les voilages. Je mets à jour la liste de mes regrets. J'imagine un peu. Je gravis des pics d'imagination, priant pour qu'ils se prolongent en rêves, mais cela n'arrive pas. Les marées du sommeil sont imprévisibles
***
Cette capacité à croire, ce doit être le dernier cri de l'homme pauvre, et le scepticisme, la première erreur de l'homme nouveau, avais-je cru. Mais il n'y a pas d'homme nouveau, les plus belles paroles ont déjà été dites, enfin je l'eu cru. L'amas d'inepties qu'avais-je alors formé m'avais fait arrêter de croire, comme certains arrêtent de fumer, maintenant, maintenant, je ne crois plus, je ne pense qu'à des choses fictives. Je ne veux penser qu'à des erreurs béates, car grâce à cela je ne croirais plus en rien, je serais nouveau, cela c'est rigolo.
***
Parallèlement et un peu plus tard, je me dis que ces gens ont vraisemblablement des sortes de sphères psychiques, suspendues au dessus d'eux, et refermées par un couvercle, car chacun de nous est -borné-, dans son corps, dans son -state of mind-, dans sa constitution psychique. Je soupçonne ces gens d'être trop personnels, dans le fait qu'ils sont justement curieusement bornés, et que cela ne suffit pas pour leurs individualités,oui, le fait que chacun est différent ne leur suffit pas, ils veulent faire comme chacun fait. Sans doute, devons nous laver à eau vives les détritus qui jonchent nos couvercles, qui nous empêchent de voir au travers, qui nous empêchent de nous-mêmes nous voir. Comment sinon être éclairé ? Jusque là, une impression qui m'est fidèle m'assagis: nous -ne pouvons être autre chose que nous-mêmes-. Cette impression est un charnier si grand que personne n'a su le traverser, sans y périr : cette impression dépeint la cause de nos affrontements...C'est l'homme nouveau, l'homme dépassé, qui sera le premier à pouvoir passer par-delà. L'animal ne sait ce qu'il est, l'homme ne sait ce que l'autre est.
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Je ne suis pas un par nature, j'y ai été contraint par un geste astral, par la force des choses, ceci est la sagesse en pratique. Espérant trop, il me manque trop, trop de pièces pour construire mon grand puzzle, je ne distingue pas même le motif principal, mais j'ai assemblé toutes les pièces sombres, il me faut du bleu, du ciel, oui, c'est cela qu'il me faut maintenant.
***
Soyons réalistes, rire ne mène à rien, et l'objet de mes rires mène-t-il à quelque chose ? En l'état, je ne crois pas. Je ne sais pas vraiment que penser, vraiment; s'il faut me rappeler certaines phrases, ou d'autres. C'est indigne de moi, raisonner par ces détours. Oh, je ne voudrais plus m'asseoir sûr des pensées en langouste, je voudrais mettre un terme à mes questionnements ubuesques. Dites, en quelle langue cause le Malin, juste, il fait un peu chaud, s'il voulait ne plus jouer avec ses allumettes, ce serait une comédie en moins.
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[6h24] Rêves extraordinaires. J'ai rêvé mes souhaits les plus fondamentaux. Il s'agit naturellement d’... oublier, d’oublier vraiment, jusqu’aux cernes d’illusions établies, jusqu’aux sables mouvants, jusqu’aux cernes des sables.
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Je regarde les murs souvent, ces grandes plaines blanches, grandes plaines pensantes, où je fais sécher ma cervelle et pâtir l'imaginaire, souvent j'y ai marché... Souvent aussi, je ne parviens pas à m'assurer que celui qui me converse en moi est le -véritable moi. En réalité je sais peu sur moi-même, je me représente par un ensemble de manies et sensations personnelles dans lesquelles je me retrouve, mais autrement, ne suis-je peut-être qu'une machine à générer du hasard parmi l'imprédictible fresque de vie ? Depuis mes temps les plus archaïques je ne suis qu'à la recherche de satisfaire la seule obligation que j'ai envers moi-même: -disparaître en. J'ai jusqu'alors pu disparaître en des lubies diverses, de ce fait le colimaçon que je suis avait le gîte d'une coque d'albâtre, mais cela ne dure qu'un temps. Aussitôt usé, je du changer et changer: car je ne résiste à la dureté de la lumière pleine, je suis un voyageur de la disparition, ce qu'aussi j'appelle l'oubli (en quelque chose).
Les grandes époques se relaient et reviennent dans des habits frêles et brefs: des feux, et mieux encore: des feux follets.
Sur le champs - je m'ordonne entre des respirations saccadées par ma peine: tu dois disparaître en, ou des rayons purs brûleront ta chair natale. Chose suppliciante de ne plus pouvoir disparaître en- des passions, mais en- la passion. Ceci est mon attente, ceci est mon attente indéfinie.
***
Trois choses chez une personne sont dans un premier abord des sources d'attirances, (humainement parlant): le mystère, la chaleur, et la similarité idiolectale. J'entends par ces termes: le mystère: ce que l'autre dissimule ou semble dissimuler, les paysages merveilleux qui semblent exister, car, plus l'autre semblent avoir d'horizons différents, plus il nous attire. (Dans l'optique que nous allons vers les autres pour emplir un manque personnel - c'est pourquoi tout est égoïsme actif/passif.) Le mystérieux fera appel en nous à bien des manques, ainsi il y a source d'attirance. Comme un aimant agit un secret. Deuxième source, la chaleur: c'est ce que nous apporte l'autre, plus précisément, l'intérêt qu'il nous amène, le chaleureux est intéressant car nous l'écoutons. Même si certaines paroles sont creuses, il y a certes un intérêt. Le chaleureux, c'est aussi l'extraverti, qui nous apporte une chaleur humaine, un soutien, une écoute. Dernière des sources d'attirances, l'idiolecte similaire au notre, ou complémentaire. Quelqu'un ayant une attitude semblable à la notre, nous fera penser que d'autres aspects de notre personne se recoupent en lui. J'inclus dans cette catégorie l'attirance physique.
Tout ceci n'est pas valable dans des rapports d'attirances fondés sur des valeurs in-humaines, c'est à dire, un manque non-psychique. Le manque d'argent, par exemple.
Par récurrence, le triste n'attire -normalement- pas: il affaiblit le mystère, il réfrène la chaleur, il tempère son idiolecte. C'est une de mes plus vives contradictions personnelle, j'aime le mélancolique je fonctionne en négatif sans l'être par conviction - sans être de conviction négatif (dans le premier sens du terme).
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Mes sentiments forment des cercles, des tournoiements de grandes hélices, mes sentiments sont une grande éolienne, l'air divisé rugit et tournoie comme une grande hélice - et les pales blanches - pales immenses me divisent.
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Notes
[1h09] Origan et voiles bordeaux, images intérieures et lumières douces et lumières liées. [1h09] Voici une atmosphère vanillée. Ce n'est pas la mienne. J'entre.
à
23:55
