Il n'est aucun empire humain, Au dessus de moi je ne vois que des oiseaux de mer.

5 novembre 2005

Le Noir (Le Spirituel)


● 1- Je suis détaché de la vie – car je l’ai déjà vécu.

● 1.1- La vie ne m’intéresse pas – car j’ai déjà rêvé [connu des choses qui dépassaient la condition de vie] lorsque j’ai vécu.

● 1.2- La vie n'est pas exceptionnelle – car je revis – ce n’est [donc] pas une exception. [C'est donc une unité qui dépasse le "ponctuel humain"]

● 1.3- Ce n’est pas par amour [par plaisir de la vie, la vie etant elle-même une limite ]que je revis – c’est par obligation. [devoir].

● 1.4- La vie est grise – je connais toutes les couleurs de la vies – mélangées, elles sont blanches. [La vie est dans son entièreté une parfaiteté. C'est pourquoi il faut retrouver une Unité]

● 1.5- La vie est une prolongation – car – il n’y a d’utilité aux sursis. [C'est pourquoi il est urgent de déclencher ces accès qui mènent au noir: nous sommes arrivés au terme de la logique évolutive]

● 1.6- Il n’y a pas d’espérance à vivre – je connais l’espoir. [les limites de la vie prouvent qu'il faut la dépasser]

● 1.7- Il y a un futur sans intérêt – j’ai déjà vécu le futur. [le futur est pareil à la vie présente, il ne faut pas espérer du progrès, car il se borne dans les limites de la vie]

● 1.8- Il n’y a pas de valeurs en la vie – je connais la vie sans hommes. [Il n'y a pas de "bien" ou de "mal" qui soient valables: ce sont des notions de vie qui s'appliquent seulement à la vie, il faut les dépasser. Ce sont les hommes qui projettent le bien et le mal en toutes choses, sans hommes, ces valeurs n'existent pas.]

● 1.9- L’amour est faible – je connais l’amour fort – la vie ne le permet pas. [L'amour "céleste" est impossible dans des conditions de vie.]

● 1.10- J’ai connu la vie – j’ai connu le dire de la vie – je redis sur la vie. Je suis [momentanément] condamné aux hommes.

● 2- Il n’y a de haine en les hommes – seulement car la haine se développe en la vie. [la vie est à dépasser: la haine prouve qu'elle se contradit elle-même, qu'elle comporte des limites.]

● 2.1- Il y a des causes et des conséquences – causes et conséquences toujours identiques. [Le concept de causalité est typiquement humain et se borne aux conditions de vie, il faut le dépasser, le noir est intemporel, la causalité disparaît.]

● 2.2- Il n’y a d’évidences qu’en l’homme. La vie de l’homme n’a pas la dimension de la vie. [la vie de l'homme elle-même se retreint en deça des limites de la vie]

● 3- Tout ce qui est fixe est faible. Les hommes ne peuvent considérer que la vie. [l'homme ne connaît pas l'idée de muabilité. La vue de l'homme ne se dirige que vers un unique objet toujours moins vaste que lui-même. L'homme doit s'initier au mouvant qui prouve que toute chose sont Unes.]

● 3.1- Aucun homme ne sait le mouvant – la vie est le mouvant – aucun homme ne sait la vie – d’où son exaspération. [l'homme ne connaît même pas la vie, n'en voit pas son but ultime, cède au pessimisme.]

● 3.2- La vie n’a ni commencement ni fin – l’homme a un commencement et une vie et n’a ni commencement ni fin – l’homme est hors-vie et en-vie. L’homme n’est nulle part. D’où ses doutes. [l'homme a formé les concepts de début et de fin mais ceux-ci prouvent que l'homme persiste dans sa condition, limité par toutes choses, ne sachant que l'Un est intemporel donc sans débuts ni fins.]

● 4- Entre l’homme et Dieu il y a une falaise. L’homme de Dieu sait le vertige. [l'homme qui regarde l'Un est pris de peur et cette peur lui fait revenir à sa condition d'homme limité. Il faut une grande énergie pour surpasser la vie.]

● 5- Ceux qui aiment la vie aiment le présent – or le présent n’existe pas. [le noir est intemporel.]

● 5.1- Ceux qui n’aiment pas la vie n’aiment pas le présent – or le présent n’existe pas.

● 5.2- Il ne sert à rien d’exprimer par les sens – car il n’y a pas de présent. [cela démontre l'inutilité de la majeure partie de nos actes communs.]

● 6- Il y a des évadés à la vie – ce sont les grands hommes. [cela, c'est le surhumain. ndrl important: à l'heure où le noir me fut "révélé", je ne connaissais le Zarathoustra, je n'ai donc pu emprunter ses notions. Ce qui démontre, là encore, de l'homogénéité des "révélations". Le noir, sous d'autres termes, transparaît partout.]

● 6.1- Il y a le noir. Je préfère le noir à la vie. [nécessité de dépassement, encore une fois]

● 6.2- Toute vie est dramatique. [c'est à dire que le tragique de la vie, c'est sa caractéristique reductrice. D'où le sort qu'on ceux qui s'accordent, par paresse, à la vie: ils ne connaissent pas le sens]

● 7- Le noir n’est pas dramatique.

● 8- La vie est un éternel retour. En la vie il n’existe d’autre mouvement que l’éternel retour.

● 8.1- S’élever parmi les hommes – provoque l’inverse à la vie [s'élever vers le noir nous fait prendre conscience de la réalité reductrice de la vie et nous fait aussi prendre conscience de l'existence d'une réalité autre, une réalité Une.] - l’homme est un miroir de la vie parce qu’il ne l’a pas encore dépassé. [dans l'homme on peut voir toutes les limites que l'on retrouve dans la vie: volonté de puissance, etc]

● 8.2- Plus on vit, plus on revit, et cetera. Plus on a de noir que de vie. [l'évolution, malgré tout, tend à son dépassement, le but évolutif est au-delà de l'évolution.]

● 9- Le noir est la fin de l’éternel retour – allons vers le noir.

● 10- Plus on vit – moins on a – plus on est. [la vie transforme l'homme matériel en homme-entité, dont la conscience aspire à s'approcher du noir]

● 11- Il faut cueillir les graines noires – il faut que la vie soit plus noire que l’encre de chine. [le noir se trouve partout car en toute chose il existe une volonté de dépassement des limites, de fait, plus une chose se défait de limites, plus le noir existe en elle: exemple: l'art. L'accumulation de ces aspects noirs permet à la vie d'être en accord avec une réalité autre vers laquelle elle tend: vers la "vibration" du noir. ]

● 12- Atteindre le noir c’est d’atteindre l’indissolubilité – l’éternel retour dissout – il faut aller contre l’éternel retour. [la vie garde toujours en elle son aspect fragmentaire: le noir unit]

● 13- Plus il y a de noir plus la vie est lente – il faut arrêter la vie. [la vie paraît toujours identique au fur et à mesure que l'on s'approche du noir, car la conscience de l'Eternel retour se fait plus vive: ainsi, l'ascension vers le noir s'accompagne d'une impression de lenteur. Puis vient la sensation d'intemporalité. Mais ce n'est qu'un aspect du noir: l'impression d'absence de temps peu se manifester indépendemment de la volonté d'accès au noir.]

● 13.1- Il faut que la volonté de vivre soit toujours la volonté de vivre une dernière fois. [il ne faut pas faire continuer un état de vie contraignant et éduquer à son dépassement.]

● 14- L’art créé le noir. [l'art est un accès au noir, mais il faut unir l'ensemble des aspects qui convergent vers le noir pour finalement espérer l'atteindre.]

● 14.1- Plus l’homme vit de vies - plus il s’avance vers l’art - plus il s’avance vers son salut. [l'évolution, malgré tout, est salvatrice. Cela doit s'accomplir désormais.]

● 15- La lumière est l’absence du surplus de vie – la lumière est le noir.

● 16- Les religions prônent la lumière – mais les religions sont au milieu de la vie – la religion est une erreur moins erronée que de vivre. [les religions sont corrompues par les limites de la vie, elle s'est finalement adaptée à la vie, les religions sont décadentes.]

● 16.1- La religion enseigne aux hommes le noir – elle enseigne mauvaisement car la religion est simple – car les hommes sont simples. [simples mais surtout en vie.]

● 16.2- La philosophie duplique la vie et créé des analogies – la philosophie cherche le noir. [la philosophie cherche une conscience ultime, une réalité des choses et du monde. Elle contient de nombreux accès vers le noir car elle invite au dépassement.]

● 17- Le noir est le secret – connaître le noir c’est connaître la vie – car connaître une part c’est connaître l’autre. [la conscience du noir s'acquiert après une conscience de la réalité de la vie.]

● 18- Le noir purifie – je reconnais les hommes du noir – ils sont plus purs. [tout en eux converge vers le noir, rien n'est futile - c'est à dire, rien n'aspire à rester dans les contraintes de la vie.]

● 19- Il faut au noir l’unité – il faut la concentration – l’homme doit concentrer. [concentrer toutes choses de la vie pour que la vie révèle son unité, la conscience du noir s'acquiert après la conscience d'unité.]

● 20- Celui qui connaît le noir connaît les infinis. Celui qui a le noir a les infinis. Celui qui a le noir uni n’est plus un homme – il dépasse l’éternel retour.

● 21- Le noir est l’univers et toute chose existante – car l’univers et toute chose existante ont une proportion de noir qu’il faut savoir.

● 22.1- Avoir domine savoir. Avoir le noir domine savoir le noir. L’homme doit savoir puis avoir. [avoir la conscience du savoir en tant que chose intégrée à nous-même et non pas satellisée comme la connaissance. La première difficulté est d'accéder à la conscience du noir (qui est une révélation qui intervient après un orientation de pensée favorisant cette révélation), la seconde est de se donner à soi la conscience du noir et d'en être entier possesseur.]

● 23- Le noir est le but de la vie – la création du noir doit être la création de la vie. [l'aboutissement ultime de la logique évolutive.]

● 23.1- Nous évoluons vers le noir – rien ne peut aller contre – mais nous évoluons lentement – et nous sommes peu évolués. [par faiblesse nous voulons rester dans les limites de la vie, sans nous poser de question par rapport à sa réalité et aux moyens de la dépasser. Celui qui agit de cette façon je l'apelle faible, celui qui trouve l'énergie d'aller vers le noir je l'appelle fort.]

● 24- La musique possède une proportion élevée de noir. [c'est un accès, tout comme la philosophie, etc]

● 25- La destruction est une illusion – elle contredit le noir – il faut se détacher de la destruction. [qu'il y ait un caractère destructeur dans l'évolution, et de s'en étonner, c'est d'être encore dans une logique évolutive, cela il faut le dépasser.]

● 26- Le noir n’est pas une simplicité – le noir est un absolu.

● 27- Mener les hommes vers le noir – voilà notre tâche.

● 28- Il n’y a que les personnes qui ont pensé ou qui savent le noir qui comprennent. [mais nous pouvons malgré tout mener les Hommes vers la conscience du noir.]

● 29- La connaissance du noir apporte les clés du monde – je connais le noir – il faut propager la connaissance.

● 30- Le noir n’est pas une certitude – le noir est un absolu.

● 31- Il faut abandonner la vie immédiatement et se consacrer au noir et à la propagation de la connaissance.

● 31.1- Il faut abandonner la vie – surtout ne pas revivre sans avoir évolué vers le noir – ce serait le mal. [ce qui définit le faible.]

● 32- Le mal est l’opposition au noir. [le mal est le retour par faiblesse à la vie, et cela s'oppose au noir]

● 32.1- Les forces qui contraignent le noir sont les forces du mal. [la tentation de revenir à la vie, le manque de courage, est une de ces forces.]

● 34- L’Amour est dit comme cause du noir – l'Amour en est son attirance et son message. [la nature de l'amour, la conscience d'unité, se rapproche de celle qui permet d'accéder au noir.]

● 34.1- L’amour permet au noir de se propager – l’amour humain est seulement une fenêtre qui s’ouvre au noir.

● 35- La vie va n'a pas de sens – la vie ne va pas vers le noir – la vie en soi est un mal neutre. [35 est une provocation pour secouer les faibles: les forces de vie et de dispersion sont fortes mais l'évolution mène vers cette conscience d'unité, laquelle finit par surgir, malgré la lenteur évolutive qui paraît insensée.]

● 36- Le bonheur est noir. [le bonheur n'est pas atteignable dans des conditions humaines.]

● 37- L’homme du noir doit regarder la partie noire des autres hommes et l’amplifier. [élever le niveau de conscience de l'Homme.]

● 38- La parole est un mal neutre si elle est neutre. [neutre signifie: qui ne possède pas de sens particulier.]

● 38.1- L’envie ou le désir qui appartient à la vie un mal neutre. [cela reste quelque chose de vie contraire à l'unité.]

● 39- L'homme n'a de durable que l'acquis – rien n'est acquis. [mouvant.]

● 40- Le chercheur de noir est homme du dépassement: il possède la conscience du Sentiment.

● 41- Le noir est salvateur en lui-même. La VIE n'autorise que le noir salvateur pour lui-même.

● 41.2- Il faut s'approprier les moyens qu'offre relativement la VIE par le biais de la VIE et qui permettent un meilleur accès au noir. [notre condition est restreinte mais de nombreuses voies peuvent, peu à peu, se défaire des limites de la vie.]

● 43- La recherche du noir s'effectue pareille au vol puis au piqué du faucon. [recherche puis révélation.]

2 novembre 2005

Le vacarme assourdissant des artifices est si bien organisé qu'il peut, à son aise, dans le même instant, fusiller certains spectateurs. Mais les masses trop saoules admirent les feux, honorent l'artificier, et si l'on s'en détourne, si l'on regarde, l'on ouvrira les yeux à ce qui est réellement.

je pense pas avoir peur de la vie
je pense juste qu'elle ne m'intéresse pas
"cette société trop malformée pour m'être acceptable."
non c'est de la connerie ça
dire "tu as peur de vivre" blablabla
ça c'est pour les gens qui vivent "normalement"
ils croient qu'on devrait marcher pareil que tout le monde
mais non, désolée, c'est un choix cette façon de vivre
c'est un choix de faire face aux choses et de les trouver artificielles
le problème avec les gens qui nous analysent de l'extérieur
c'est qu'ils ns analysent par rapport à eux et qu'ils confondent facilement les symptomes et leur causes
moi j'essaye de comprendre les autres depuis leur intérieur et ce que je vois c'est qu'ils ne peuvent pas nous comprendre
pcke sinon ils seraient comme nous
je vois cette façon de vivre [que nous conseillent ces éminents psyblabla] un peu comme les religions
"l'opium du peuple"quand on construit, on STAGNE
le chemin du questionnement est trop dur pour avoir une fin
il faut s'habituer à tout remettre en question
à tout détruire
si on construit
à la longue les failles s'accumulent
si ça tient malgré tout
c'est qu'on se bande les yeux
le problème c'est que même en détruisant
on construit une destruction finalement
on arrête pas le temps
il avance et notre identité s'imprime
quoi qu'on fasse
[cf l'irréparabilité]
[dont je t'avais touché qqmots y'a qqmois]
personnellement je sais que ce mode dans lequel on évolue
est un mode INSTABLE
après analyse j'ai cherché où ça pouvait bien mener
il serait tt à fait illogique de chercher à construire sur le chemin du questionnement
on peut juste poser des tentes
c'est un mode instable pcke
ac le chemin du questionnement, on dit que l'individu a tort
on dit que "la vie" est absurde et on cherche sur toutes les pistes
quoi ? qu'est ce qu'on cherche ?
si on le savait, ça ne serait plus un questionnement mais une vie absurde
on part grossomodo du principe qu'on ne sait rien et qu'on a tout à apprendre

mais perso je serais encore plus mal dans la construction
évidemment on construit puisque meme ds la déstruction il y a construction
tout est construction
faut savoir si tu veux un système évolutif
ou le meme truc qui accumulera poussière et bibelots ?
sachant qu'un système évolutif est instable
et que tu ne pourras pas tenir comme ça toute ta vie
sauf dans l'art


Aïda

1 novembre 2005

Petite anatomie du bonheur

Il existe quelques frontières à l'évolution favorable des individus. Sans doute le cadre en lequel les i. évoluent, la routine, et la corrélation ininterrompue d'actes, ne permet qu'une évolution sommaire des i. fondée sur l'expérience du vécu et de sa transmission. Cet entrelacement sans point d'arrêt empêche l'i. de s'essayer à la réflexion. Hormis certains moments de désespoirs, certaines fractures dans cette trame quotidienne, certains chocs émotionnels, rien ne fait s'arrêter l'i. Y est pour quelque chose également la crainte « de se retrouver en face ». Cela est une vacuité naturelle des i., mais, il ne faut pas s'y arrêter.

Il faut d'abord, je crois, (re)considérer le bonheur.

Tout homme veut être heureux; mais, pour parvenir à l'être, il faudrait commencer par savoir ce qu'est le bonheur.
Jean-Jacques ROUSSEAU, Emile ou l'éducation


1- Le bonheur creux. Les synonymes les plus fréquents de bonheur sont: « joie [1], bien-être, plaisir, béatitude », c'est la peinture habituelle du bonheur, et sa définition « populaire » qui se rapproche même de l'idée de joyeux hasard: « Bonne fortune, chance favorable, occasion propice, événement propre à apporter quelque satisfaction ». Le bonheur est alors associé à la satisfaction, il vient combler un manque, de quelque nature qu'il soit, matériel, sentimental, ou de reconnaissance (se sentir admiré, reconnu,...).

La pyramide de Maslow, d'ailleurs, le hiérarchise bien.

Un des aspect du bonheur, bonheur tentaculaire, est donc la satisfaction multilatérale de ces besoins fondamentaux. Cette quête est celle qui est communément admise par la société et qui répond aisément aux caractères primitifs des i.

Que dire de l'affirmation « le bonheur est l'absence de douleur » ? Certes, la douleur empêche le bonheur de l'instant, or, généralement, nous n'éprouvons aucune vive douleur, pourtant ce n'est pas pour cela que nous nous disons bienheureux. Sans douleur il n'y a, en général, pas de bonheur pour autant, c'est une « simple » condition.

De plus, de nombreux récits bouddhiques d'hommes traversant d'intenses douleurs et se disant malgré cela dans une sérénité que peut d'entre nous sommes habitués à connaître, ne nuancent-ils pas l'axiome « soit douleur/soit bonheur » ?

2- Bonheur durable. Mais il existe aussi une sorte de bonheur détachée de l'articulation manque/satisfaction.[2] Ce bonheur, plus pur et plus élevé, vit hors des contraintes de la satisfaction. Son caractère fondamental est celui de la disparition ou dissolution de l'ego. Il est, à un degré extrême, connu des yogis, chamans, et expérimenté par la méditation, par des états seconds de conscience, ou par certaines pratiques. Ce bonheur vérace, est amplement corrélé à l'intensité de l'harmonie. Tant, que nous dirons qu'harmonie, simplicité et absence d'ego sont les constantes créatrices du bonheur. Cette-dite harmonie se décline sous plusieurs formes:

1/ harmonie avec la nature et environnement
2/ harmonie avec les êtres qui nous entourent et avec lesquels nous évoluons
3/ harmonie avec soi-même.
[3]

La contemplation, poésie, ou radicalement, la vie d'esthète ou ermite est un accès privilégié à l'harmonie de type 1/.


3- Le bonheur de la sérénité. C'est la conséquence quotidienne de la mise en oeuvre d'une entreprise d'harmonisation. « Dans le bouddhisme, le terme soukha désigne un état de bien-être qui naît d'un état d'esprit exceptionnellement sain et serein. » Il est abondamment présent dans les meilleurs souvenirs d'enfance. Pourtant, si c'était là le plus vrai des bonheurs, même l'enfant exposé à cela se saurait heureux. Las! Ce qui était pendant le jeune âge permit par l'in-conscience ne peut se retrouver, plus tard, que par la simplicité, avec cette fois-ci, bien heureusement, la conscience en surplus. Car l'enfant, naturellement, est dans l'harmonie. Sa matière a réflexion réside pour autant dans une mécanique besoin/satisfaction, ce qui empêche, pour souvent, le bonheur, d'autant plus que sans conscience, celui-ci ne peut exister. Car la conscience est une condition au bonheur, comme l'intelligence l'est pour la conscience. D'une conscience évoluée, il peut y avoir simplicité (Simplicité, cette fée de la haute conscience).

Ainsi, de la mise en application quotidienne d'harmonie, simplicité, et absence d'ego, il en advient ce bien-être, cette sérénité, qui distingue le bonheur des sages[4] de celui des superficiels.


Le « passage obligé »: l'expérience du néant et sa résolution dans l'oubli.

"La route du bonheur est peut-être la route de l'oubli."
Yasmina Reza, Une désolation

Il faut que l'empreinte du désespoir soit lisible dans l'individu bienheureux. La mélancolie qui résulte d'une harmonie étendue où l'ego est désagrégé confère une perspective au bonheur. Mêmement, comment saisir la réalité du bonheur si l'i. n'a pas, au préalable, expérimenté, et l'oubli, et la simplicité ? Il faut avoir aperçu la mélancolie pour songer l'oubli, il faut avoir apprécié la complexité vénéneuse de l'esprit pour concevoir la simplicité.

La question de l'oubli est omniprésente. Elle prend part dans la dissolution de l'ego car cela nécessite la capacité d'oubli de soi-même. Le bonheur social, les liens qui nous gratifient, décentrent l'ego, et, à plus haut degré, l'amenuisent. Il n'y a d'harmonie sans oubli.



Laborit :

Être heureux, c'est à la fois être capable de désirer, capable d'éprouver du plaisir à la satisfaction du désir et du bien-être lorsqu'il est satisfait, en attendant le retour du désir pour recommencer. On ne peut être heureux si l'on ne désire rien. Le bonheur est ignoré de celui qui désire sans assouvir son désir, sans connaître le plaisir qu'il y a à l'assouvissement, ni le bien-être ressenti lorsqu'il est assouvi.

  • Henri LABORIT, Éloge de la fuite (1976).
Cela dit peu. Nous sommes ici encore dans la logique manque/satisfaction. C'est ce qui est dit justement, " le retour du désir " le prouve. C'est un bonheur cyclique, uniquement agencé par le duet manque/satisfaction. Il n'est nullement constant - il est à dépasser.

______________________

[1]« On peut appeler bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible » André Comte-Sponville, Le bonheur, désespérément

[2]Car, « Sur la nature même du bonheur, on ne s'entend plus et les explications des sages et de la foule sont en désaccord » Aristote, Éthique à Nicomaque

[3]« Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord vrai entre un homme et l'existence qu'il mène ? » Albert Camus, Noces

[4]« Une bonheur si profond que « rien ne saurait l'altérer, comme ces grandes eaux calmes, au dessous des tempêtes » Georges Bernanos

31 octobre 2005

Les portes du ciel

Hier soir, je sors, j'avance, lève les yeux, et vois:
De quelles portes s'agit-il ?