Mon temps est passé.
Il y a une maigre fenêtre de confusions et d'élévations, c'est l'enfance.
Ensuite, condamnation à la répétition de boucles, il y a de maigres chances de changement, maintenant elles sont passées.
La croissance se cache sous le velours, puis s'ouvre à la médiocrité, aux défauts de toute sorte, à la paresse de la continuité.
Il y a des torrents fébriles, puis une lente procession vers le rivage.
La pâte agitée doit se reposer. Pourtant elle se hâte derrière un fardeau de pesanteur.
Il n'est aucun empire humain, Au dessus de moi je ne vois que des oiseaux de mer.
22 juillet 2008
Rapidement, lentement.
à
18:41
8 juillet 2008
Pourquoi devrais-je sourire ? J'agis selon le devoir, je ne souris pas par intention.
Devrais-je agir ?
Devrais-je rechercher ?
Devrais-je vouloir ?
Devrais-je saisir ?
Devrais-je prendre ?
Qu'obtenir de bénéfique sinon la mort ?
Qu'espérer de sain sinon l'absence au monde ?
La motivation est mort, condamnant au geste,
elle recherche des futurs uniques ! Elle imagine la possession du monde !
Qui voudrait d'une chose aussi puissante que le monde ?
Pourquoi faire toujours, les mains dans le sable, les yeux gelés ?
Pourquoi m'identifier aux couleurs, aux formes et à toute perception, ces éléments creux.
Une chaleur immobile me préserve.
Tenterais-je d'être vu, je ne me verrais plus.
Tenterais-je d'être entendu, je n'entendrais plus.
Tenterais-je d'être aimé, je n'aimerais plus.
Tenterais-je d'être vivant, je ne vivrais plus.
Tenterais-je d'être mort, je ne mourrais plus.
Que devrais-je attendre ? Se trouve-t-il quelque chose pour moi, ici ?
Ce pays m'est étranger, formé par de lourdes impressions,
Rien ne devait m'appartenir.
La mort et le silence, cela me convient, rien d'autre ne peut surgir.
Le monde, peau nue, préfère l'absence.
Le monde seul vit, l'homme seul meurt,
Le monde fréquenté meurt. L'homme fréquenté vit.
Vivre, quelle folie ! Qu'il y a-t-il en récompense ?
Vivre au centre est préférable.
Vivre au centre est mourir.
Je suis contraire à tout.
Devrais-je tenter de me lier au monde ?
Le vide est l'aboutissement des efforts.
Toucher est perdre.
Vivre est mourir.
Vivre au-dehors est mourir en soi.
Être en soi est mourir au-dehors.
Prétendre au monde est plaisir immédiat, souffrance éloignée,
Prétendre à rien est souffrance immédiate, plaisir ensuite.
Le cœur n'accepte aucun déchirement.
Le cœur souffre de l'éloignement.
Les chemins se haïssent réciproquement, la puissance multiplie et le cœur unie.
La puissance et le cœur s'équilibrent, les chemins se reflètent amoureusement.
La quête du monde ne mérite aucun effort.
Le monde s'approprie et ne rend jamais rien.
La quête de soi mérite tous les efforts.
Le soi est vide et le vide est sans limite.
Le monde dit : Oublie-moi et tu mourras; perdu, abandonné et rejeté,
La recherche de soi est misère et pauvreté.
Le soi dit : Oublie-moi et tu mourras; perdu, abandonné et rejeté;
La recherche du monde est misère et pauvreté.
Le monde est en soi et le soi dans le monde.
La mort exclue, sépare, coupe dans la chair,
Pour que moi soit en soi et le monde émigré.
à
10:37
26 mai 2008
Je suis glacé mais je sais que c'est dérisoire.
Je sais que penser au dérisoire n'est qu'une façon d'éviter de risquer un investissement, et une façon de me protéger.
Alors je devrais pouvoir aller ci et là, me déplacer, m'en aller et revenir, sans crainte ni remords.
Car je suis glacé, figé, mortifié et immobile.
Quelque chose m'empêche désespérément d'aller au-delà et cette chose doit être tranchée.
Il est difficile de déterrer les fondations inutiles d'une demeure en forme de tombe.
Brûler le sol, arracher morceau par morceau l'édifice maudit, est épuisant, plus épuisant que tout.
Faut-il suppléer à ces excès par recherche d'autres excès afin d'équilibrer ce monde ?
Ce que je recherche ne supporte pas d'excès. Impossible encore.
à
01:50
11 avril 2008
Il existe le fluide, il existe le dur. Le dur est notre île, notre seule assise en ce monde. Le fluide tourne sans lien autour de l'île.
Les liens et la fluidité sont la seule dualité, ici. L'esprit assis sur le dur, n'ose pas approcher le fluide, car il perd sa constance et craint de disparaître.
Il craint de ne plus être, et il ne sera effectivement plus, s'il n'y a rien de cristallisé en lui.
Le fluide est éternel, le dur est temporel. Rejoindre la fluidité est la difficulté suprême, car surmonter le fluide demande à l'esprit d'avoir les mouvements et la nature du fluide.
Le fluide semble noir, le dur semble blanc.
En réalité, c'est l'inverse, car tout ici est inversé.
Toutes les convictions sont comme des échardes enfoncées si profondément dans les os, qu'elles se fondent à l'équilibre, et l'esprit épanoui dans les airs devient machine souterraine.
La substance de vie rejoint ces structures solides, elle ne prend forme qu'avec ces dernières.
Le sans-forme est suprême. Il est la finalité et l'origine. Le sans-forme est appelé ainsi car il est inconnu.
Incompréhensible à l'esprit fixe, il est inconnu car revêtu de fluidité pure, de lumière pure. Il est insaisissable.
L'esprit qui saisit encore ne peut pas rejoindre ce qui est en-dehors de ses prises.
Les mains agrippent, les ailes voltigent. La transformation ajoute des ailes. Les ailes sont une restructuration naturelle de l'énergie amassée silencieusement.
L'esprit possède des vecteurs et des mouvements. Pour rejoindre le sans-forme, il doit aller là où il refuse toujours d'aller, là est sa mort.
L'idée personnelle de soi est finie, il n'existe rien, le vide est le précipice, entre deux falaises il y a une corde.
D'un côté l'ancien, de l'autre le nouveau. Lorsque l'ancien est consumé, le nouveau attire, attire de manière inexprimable.
Rejoindre le nouveau, surmonter le vide, devenir le vide, être le vide, car le vide est tout.
Peu à peu les prises se délient. Peu à peu la lumière ruissèle dans les vaisseaux.
Avec le vide s'établit la lumière, avec la lumière l'aurore. Les premiers chants anticipent toute constatation.
La seule voie réelle est une voie qui perd son nom de voir comme une ancienne peau. Car il n'y a alors que le nouveau.
à
22:56
Insectes négligents,
Verdis dans le froid,
Allant ici, allant là,
Abrités sous d'anciennes carcasses,
Mordus par l'effroi reflété,
Semant le givre, pas à pas.
Dans la nuit, s'avançant rituellement,
Mettant à mort leur esprit,
L'opacité succède à la verdeur,
Abrités sous des parcelles d'eux-mêmes,
Heureux d'une existence bizarre,
S'enlaçant et tournoyant encore.
à
22:51
