Il n'est aucun empire humain, Au dessus de moi je ne vois que des oiseaux de mer.
30 janvier 2006
Chants du loriot
Les chants du loriot (oriolus oriuolus) sont certainement parmi les plus beaux d'Europe.
"Le loriot entra dans la capitale de l'aube.
L'épée de son chant ferma le lit triste.
Tout à jamais prit fin." (3 septembre 1939, René Char)
- Sur ce site, un seul extrait est intéressant, le "Duo entre un loriot d'europe et une grenouille" (il n'y a pas de loriot dans aucun autre extrait !)
- Sur ce site, les chants paraissent bien aigus, mais un extrait est remarquable. ( telecharger )
- Ici, un petit extrait, à mon goût également trop aigu.
- Vers le milieu de ce mp3, un joli passage flûté.
à
18:35
C'était la voix par magie et par spectre du lendemain, des monstres qui dérobent les gens de rien.
C'était le début de la fin du monde et les gens couraient de toutes parts. Certains sortaient, en courant, avec leur parapluie, pour se jeter dans le précipice. Ils avaient tous des horribles dents tirées en arrière, et des morceaux d'organes jonchaient un sol peu rassurant. Certains essayaient, par désespoir, de voler, et battaient frénétiquement leurs membres mous et désarticulés.
De nombreuses personnes criaient mais, c'étaient des cris solitaires qu'elles mêmes ne comprenaient plus.
Les nuages étaient bas, la nuit proche, et les lumières éteintes à jamais. Toute vie, agonisait, sans que rien ne vienne au secours de cette dense forêt de douleurs.
Il était connu qu'un jour, le ciel devait tomber sur la terre, même un tel silence n'avait rien d'anticipé. La douleur était devenue muette,
comme si par un hasard maladroit le monde était devenu insonorisé.
Les hommes gesticulaient, au sol, comme s'ils étaient arraché par la terre, comme s'ils s'offraient aux enfers, happés, les yeux
implosés par la moiteur violente des sous-terrains. Des cavités béantes apparaissent entre les flots de magmas purulescents du monde autrefois abscons mais agréable.
Et bientôt, les hommes disparaissaient, la foudre éclairait des ossements encore épris de chair.
Puis un quantité indénombrable de monstres apparurent, ils avaient une apparence humaine, mais étaient rougeâtres, cornus,
pourvus d'une queue trapue se terminant en flèche. Leur apparence terrible n'était pas aussi grande qu'ils ne l'étaient vraiment,
et ils s'asseyèrent, près des corps, on entendit des ronflements, ils finirent par manger, manger, tant que cela paraissait impossible
même pour des êtres de la sorte.
A première vue, ils ne communiquaient pas entre eux, ils ne marchaient pas vraiment, ils se roulaient par terre, dans la quantité de corps et de débris,
si bien qu'ils prirent finalement une teinte uniformément rubis.
Dès lors, ces organismes effrayants, paraissaient s'extasier parmi les morceaux des derniers hommes. Ils s'échangeaient les meilleurs parties, succombaient au délice.
Certains faisaient le commerce des crânes, tout au milieu du ronflement des autres.
Certains bondissaient, ce n'était pas par joie, mais parce qu'ils engouffraient encore quelque chose, chiné au sol.
Il ne subsistait alors presque aucune trace de l'activité humaine, la Terre devenait, au fur et à mesure, plus rougeoyante que Mars.
à
13:47
De vouloir quêter la bonne action, de ne supporter d'être mal vu
Nous cherchons à ne pas éveiller de pensées malveillantes sur soi chez les autres,
Nous cherchons à obtenir des autres des hautes et bonnes considérations,
Nous nous dispersons à ne pas éveiller de mauvaise idées de soi dans les jugements des autres,
Nous nous dispersons à obtenir des autres, de notre sujet, une juste valeur,
Or, n'est-ce pas là les deux penchants d'une même volonté ? Celui qui craint d'être mal vu, celui qui veut être bien vu, ne cède-t-il pas au même caprice ?
La volonté de puissance est ce qui demande que l'on soit valeureux et ainsi, que l'on puisse profiter d'une meilleure reproduction,
La volonté de puissance est ce qui demande que personne n'entretienne de mauvaises pensées à notre sujet afin de n'être pas défavorisé dans la logique évolutive,
Ce qui permet une meilleure reproduction est ce que demande la volonté de puissance,
Et ce qui ne le permet pas est renié par celle-ci.
Or, ainsi s'agite la vie,
Pour autant, devrions-nous nous y attacher ? Ne devrions-nous pas la surmonter ?
Est-ce nous qui voulons agir ainsi,
Ou notre Soi n'est pas celui qui fait expérience de la vie ?
La morale, peu lui accordent foi, beaucoup la craignent. Au plus loin où s'étend ma vue, vous souffrez encore du bien et du mal !
Zarathoustra riait des sages (des chaires de la vertu, I, 2) qui excellent dans le sommeil et la vertu, qui enseignent de chaque jour n'éveiller aucune discorde ou de troubles moraux, afin d'être apaisé - et de facilement s'assoupir. La seule morale qui puisse exister se trace sur les contours du noir.
à
00:55
