Il n'est aucun empire humain, Au dessus de moi je ne vois que des oiseaux de mer.

29 mars 2006

Lorsqu'un pays constate et se persuade qu'il n'a pas d'avenirs chantants et qu'à vue d'oeil, à court comme à moyen terme c'est le cas:
-Les mouvements du peuple rendent les dirigeants instables et désuets, sans pouvoir, valeur, ni crédibilité,
-Le pouvoir exécutif perd toute consistance et justesse,
-Les habitants du pays n'engendrent plus de descendance, la mortalité et les oppositions augmentent, le suicide apparaît,
-Les dirigeants en sont d'autant plus ineptes et inaptes, sauf s'il apparaît une dictature de quelque genre que ce soit,
-Le contexte et environnement du pays prend le dessus et l'influence complètement.

Vous aurez compris le parallèle:


Mouvements du peuple = mouvements de pensée
Dirigeants / pouvoir législatif = espoir / élan vital
Pouvoir exécutif = motivation, volonté, et courage
Habitants = pensées et actes
Contexte et environnement = entourage
Dictature = doctrine

27 mars 2006

Situations & mirrors




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20 mars 2006

Capitulation

"Le processus par lequel on devient désabusé ? Un grand nombre de dépressions chez un individu doué d'un élan suffisent pour être vivant à chaque instant. Une fatalité organique provoque des dépressions permanentes sans déterminants extérieurs, mais qui émergent d'un profond trouble interne: celles-ci étouffent l'élan, attaquent les racines de la vie. Il est totalement erroné de prétendre qu'on devient désabusé en raison de quelque déficience organique ou d'instincts appauvris. En réalité, nul ne perd ses illusions s'il n'a désiré la vie avec ardeur, ne fût-ce qu'inconsciemment. Le processus de dévitalisation ne survient que plus tard, à la suite des dépressions. C'est seulement chez un individu plein d'élan, d'aspirations et de passions, que les dépressions atteignent cette capacité d'érosion, qui entame la vie comme les vagues la terre ferme. Chez le simple déficient, elles ne produisent aucune tension, aucun paroxysme organique, dont les contradictions insurmontables engendrent une profonde effervescence. N'y a-t-il pas en effet un paradoxe dans ce mélange de dépressions répétées et d'élan persistant ? Que les dépressions finissent par consumer l'élan et compromettre la vitalité, cela va de soi. On ne saurait les combattre définitivement: on peut tout au plus les négliger temporairement pour une occupation soutenue, ou des distractions. Seule une vitalité inquiète est susceptible de favoriser le paradoxe organique de la négation. On ne devient pessimiste - un pessimiste démoniaque, élémentaire, bestial et organique - qu'une fois que la vie a perdu sa bataille désespérée contre les dépressions. La destinée apparaît alors à la conscience comme une version de l'irréparable."


Cioran, sur les cimes, p.124

17 mars 2006

Un(e)

Une aile. Une seche. Un calice. Un intérieur. Un jet. Une nef. Un service. Une calomnie. Un tube. Un produit. Un mica. Une section. Un défi. Un chant. Un sablier. Une vérification. Une senteur. Une foutaise. Un nom. Une perte.

16 mars 2006

Anti-genèse

Au commencement, je détruisis ciel et terre.
La terre était diverse et colorée: il y avait des lumières à la surface des flots, et mon esprit se promenait parmi les nuages.
Je dis: Que l'ombre soit ! Et l'ombre fut.
Je vis que l'ombre était nécessaire; et je séparais les ténèbres de la lumière.
J'appelais les ténèbres nuit, et la lumière jour. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un crépuscule: ce fut la première nuit.
Je dis: Qu'il y ait un gouffre entre les eaux, et qu'elle englobe toutes les terres.
Je fis le néant, et j'annihilais les terres qui sombraient au-dedans du vide avec les eaux qui les précédais. Et cela fut ainsi.
J'appelais le vide néant. Ainsi, il y eut un crépuscule, et il y eut une extinction: ce fut une autre nuit.
Je créais l'anti-être à mon image, formais le pauvre et le sec, le chaos et le doute.
Et je dis: Que l'anti-être assujettisse toute vie et tout mouvement ! Qu'il réduise à néant les dernières traces de présence humaine.
Je vis que ce que j'avais fait, cela était très noble.
Je me repentis d'avoir fait l'homme sur la terre, et tout ce qui lui est apparenté, j'en fus affligé en mon coeur.