Il n'est aucun empire humain, Au dessus de moi je ne vois que des oiseaux de mer.

5 juin 2005

Archive carnets


Les règles sont utiles aux talents et nuisibles aux génies (Hugo)

L'absence d'indice est un indice en soi.


"Quand Dieu permet que nous soyons plus fortement attaqués [du désespoir de jamais ne sortir de cette mélancolie ], son dessein est de nous obliger de recourir à lui... C'est une médecine un peu rude, mais fort efficace pour opérer dans les âmes de merveilleuses guérisons."
Rigoleuc, lettre 25, à une religieuse ursuline. (Paroles faciles...)

Dans le dos d'Amour, il y a dans un berceau, le Néant et l'Absolu.
Parler est le propre de l'homme. Dire est le propre du surhomme.
L'image de toi-même que tu cherches à m'imposer n'est pas celle que je regarde.
Taisez-vous. Qui dit que j'eusse demandé ? Mais la décision est à Dieu ce que la croix gammée est à Hitler.
Je préfère le saule à Dieu, car seul le premier peut être "pleureur".
Il y a plus de singe en l'homme que de singe dans le singe. (et réciproquement)


L'homme est fait d'un bois si noueux qu'on ne peut y tailler des poutres droites" (Kant)


Chaque jour, chaque moment, est un commencement. (Amos Booth, 20/06/05)


Sartre dit: "pouce, je ne joue plus" (p.23 (la Nausée))
"Je suis seul au milieu de ces voix joyeuses et raisonnables"
"Nous sentions qu'il formait dans sa tête des pensées de crabe ou de langouste" (p.24)


Hasard et logique sont deux termes scindeurs d'une simple et seule logique. Cette chose est l'origine de nos actes futurs, à défaut, passés, à regret.


Agrandir relativise.
(et réduit).


"La langue des doigts" (cf. N)
Il ne subsiste qu'un tas de noyaux sur mon assiette. De ceux qui me côtoient, même procédé. [Germeront-ils, un jour, après que j'eusse eu mangés leur pulpe ?]

"Le poisson recherche les grandes profondeurs, l'homme cherche le bonheur" Mais il arrive aussi à l'homme de vouloir plonger dans les profondeurs bien qu'on y est mal, quelque fois même très mal. Il est difficile d'expliquer pourquoi celà se passe ainsi. On qualifie ce besoin de trouble mental, de maladie psychique. En tout cas dès que l'homme remplace 'bonheur" par "profondeur", ses semblables cessent de le comprendre et s'écartent de lui. Chestov, les grandes veilles, préface.

Ce que nous appelons "la dignité humaine" ne se réduit-elle pas à l'art de cacher habilement derrière l'orgueil, l'éternelle et douloureuse envie ? idem p.15 "Plus on s'enfonce dans la forêt, plus on trouve de bois à ramasser" (Dicton russe)

Qui s'excuse s'accuse.

"Vous savez qu'aux alentours de 58 ans, (...) eh bien, c'est le moment où vu le travail qui a été fait, l'âme va décider si oui ou non elle va continuer d'éclairer, car c'est un phare, elle continue d'éclairer la personne -ou pas-. Si elle dit non, vu ce qui a été fait jusque là, "c'est vraiment pas la peine, il n'y a plus rien à en tirer", ça peut provoquer la mort, dans les quatre ans qui suivent. Bon, ou bien, pour des raisons liées à la famille, à l'ensemble, (il y a pas beaucoup d'autre choses), l'âme se contente de se retirer, c'est à dire que le phare se etourne et va travailler avec l'esprit. (qui est encore plus haut) (ndlr: l'âme plus basse que l'esprit ??) et cesse d'éclairer completement la personnalité, le "petit moi" qui se trouve en dessous. Qu'est-ce que ça provoque ? Dans les 4 ans qui suivent, une lente descente, quelque fois plus rapide, vers le négatif. Toutes les personnes à qui ça arrive deviennent progressivement gateuses, alzeimer, tout ce que vous voulez, et c'est inexorable.

Et pas la peine de discuter, c'est pas la peine de négocier, (...) J'vous rassure vous vous en aperçeverez pas, ... ça se passera tellement en douceur. Les autres : oui, mais vous non ! (rires) Pour moi, c'est la preuve la plus impressionnante de l'existence de l'âme, c'est ce que deviens une personne humaine quand l'âme se retourne et deviens une âme animale simplement. (Conférence de Patrick Brasseur, dec 04/01, téléchargeable sur psychosophie.com )



J'agis par incapacité d'être : suis-je possédé.

Décider de ne plus connaître quelqu'un permet de le reconnaître.

-Je veux te montrer quelque chose. -Maintenant, à cinq heures du matin ? -Il y a des choses que l'on ne peut voir que dans le noir. L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon
Les gens caquettent à qui mieux mieux. L'homme ne descend pas du singe, il descend de la poule. idem


Système des crises:
Unaires: Qui touche à nos valeurs propres, idéaux, fondations.
Secondaires: Qui touche à ce qu'amène nos bases et idéaux dans la vie quotidienne.
Tertiaires: Qui touche aux rendements de notre vie quotidienne et à notre façon d'être. (d'apparaître)
Une crise tertiaire peut déclencher une secondaire puis une unaire et inversement.
Certaines crises peuvent être récurrentes et agir par cycles.


"Vous êtes une dangereuse monomaniaque"



"Il n'y a pas chez toi, le 1% de génome qui fait du singe un homme"


Toute la profondeur que nous prêtons à de certains états n'est due qu'à leur éloignement de l'état de la vie normale, et non à leur rapprochement de choses très importantes et très cachées. Valéry, Tel Quel, p.49


Ce qui compte: aime ton prochain comme toi-même, voilà ce qui compte - c'est tout, et il ne faut rien d'autre: tu trouveras tout de suite comment construire. Et pourtant, tout celà, ce n'est rien qu'une vieille vérité qu'on rabâche, qu'on a lue des billions de fois, mais, voilà, elle n'a pas pris racine ! "La conscience de la vie est supérieure à la vie, la connaissance des lois du bonheur -supérieure au bonheur", voilà ce qu'il faut combattre !
Dostoïevski, p.58, le rêve d'un homme ridicule


J'ai regardé une lampe crue. Et j'ai fermé mes yeux. Des centaines d'autres sont apparues. Nos perceptions sont ce tapis d'illusoire mal tressé...

JE=JE -----X-----JE=EUX

x=équilibre dynamique.

L'adolescent tend vers JE=EUX en pensant tendre vers JE=JE.
L'enfant est, à la source, un JE=EUX extrême.
L'adulte tournoie autour de X.

Telle est la tristesse inséparable de toute vie finie, [...] une tristesse [...]qui jamais ne devient effective et sert à donner la joie éternelle de la surmonter. De là viennent le voile d'affliction qui s'étend sur toute la nature, la mélancolie profonde et inaltérable de toute vie.
il n'y a donc de vie qu'en la personnalité, or, toute vie repose sur un fond obscur, qui doit aussi servir de fond à la connaissance.
Schelling, De l'essence de la liberté humaine.


(...) la spirale où tout essai pour penser la pensée se trouve empêtrée dans le processus de la pensée, dans son autoréférence, le célèbre "je pense, donc je suis" est finalement une tautologue sans limite. Nul ne peut s'en extraire.
Georges Steiner, Dix raisons (possibles) à la tristesse de pensée (ouvrage très appréciable :)


Il entre de la monomanie dans certaines intensités de pensée (les lasers peuvent brûler)
idem
(ndrl: d'où la phrase de tout à l'heure: "vous êtes une dangereuse monomaniaque")



Les 10 raisons évoqués par Steiner:
1/La pensée est close, mise en abyme, sans fin. (miroirs)

2/La pensée est incontrôlable

3/La pensée est personnelle mais les idées, peu originales, peu novatrices

4/La pensée en quête de vérité n'a pas de jouissance

5/La pensée n'est pas physiquement économe (mieux vaut ne pas penser)

6/Il n'y a pas de lien direct entre pensée-->action (=inaccomplissement) 7/Incompréhension par parole

8/Personne ne comprend l'idiolecte de chacun (=solitude) (idiolecte=ensemble des manies, clins d'oeil, vocable gestuel, etc, de chacun)

9/La pensée de haut vol est rare

10/La pensée des grandes valeurs (Dieu, la vie, etc), se termine en effet supermarché



C'est ma forme verbale, et non le contenu, qui donne une impression de nouveauté.
Alexander Pope (cf. tristesse 3/)
"Vérité en deçà des Pyrénées" Pascal
Affirmer que penser la pensée est sans fin, penser que la pensée à été pensée et le dire, et penser ce que je viens d'affirmer, etc, etc (tristesse 1/)
"Nous tâchons de nous traduire mutuellement" Langage des signes, connotations, références, ... = idiolecte. (tristesse 8/)


"les sourires sont presque l'antithèse du rire." (p.141, idem)
"La vérité est perpetuellement en exil." Baal-shem Tov (tristesse 4/)
"Il en est, peu nombreux, qui sont forcés de saisir la foudre à peines mains" (Höderlin) (tristesse 9/)

Ce qui suit est cité de : L'esprit de la solitude, Jacqueline Kelen "Dans le désespoir, le mourir se change continuellement en vivre (...) jamais le désespoir , ver immortel inextingoinble feu, ne dévore l'éternité du moi, qui est son propre support"
Le désespoir c'est quand je dis: "je suis César ou rien", et que, je ne suis pas César. Donc je détruit mon moi devenu Rien. (ce moi peut être régi de l'extérieur ou de l'intérieur)
Quand l'on désespère d'une chose précise, le mal "couve". Le désespoir s'élargit vite.
Habitare secum (habiter avec soi)
"Tout à l'égo"



Ce qui suit provient d'Arthur Schnitzler (relations et solitude, ed. Rivages, 1988)


"Il y a plusieurs sortes de solitude, plus pures, plus douloureuses, plus profondes que celles que l'on a coutume de qualifier ainsi. Ne t'est-il encore jamais arrivé, au milieu d'une nombreuse société, d'avoir l'impression, juste après t'être encore senti très bien et très à l'aise, que toute les personnes présentes étaient des fantômes et que tu étais le seul personnage vraiment réel parmi eux ? Ou n'as-tu jamais pris conscience, en plein milieu d'une conversation très stiulante avec un ami, que toutes vos paroles étaient absurdes et qu'il n'y avait aucun espoir de vous comprendre jamais ?




Aimer quelqu'un, ce n'est pas lui sacrifier sa solitude mais lui révéler sa propre solitude. Aimer l'autre, c'est aimer la solitude à jamais étrangère, inaccessible, de l'autre. idem p.49 (l'esprit de solitude)
Faire fleurir comme rose la solitude (Thoreau)
Si riches soyons-nous, ce qui nous appauvrit, c'est l'impuissance à être seuls. F.Hölderlin
"Ce qui me frappe depuis que je pratique la psychanalyse, c'est la positivité de l'inconscient, reprend Anne Dufourmantelle. Tous les symptômes sont produits pour éviter le pire. La logique de l'insconscient est de monter des digues en amont. Même dans les cas de symtpômes les plus durs. L'anorexie, la boulimie, par exemple, sont des protections de quelque chose de pire." Le Monde 2, 16/07/05

"si bien refoulé qu'on arrive à l'idée que c'est un choix" idem

David le Breton: "l'extrême contemporain condamne le corps, si peu à la hauteur des avancées technologiques de ces dernières décesnnies, écrit-il dans L'Adieu au corps, un corps qui de plus en plus est vécu comme un membre surnuméraire qu'il faudrait supprimer"



voir: http://perso.wanadoo.fr/bernard.langellier/menhumour.html